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La question du mois

Les hépatites

06/07/2016

Quels sont les différences de fréquence, de risque contagieux et de mortalité entre les hépatites par transmission sanguine ou sexuelle (virus B, C et D) ?

Les autorités de santé font particulièrement attention aux hépatites B et C qui sont fréquentes et potentiellement graves.

En effet les pathologies telles que la cirrhose voire le cancer hépatique touchent bien souvent les malades des hépatiques chroniques ; 20 % d’entre eux présentent une hépatite chronique de type C et 5 à 10 % une hépatite chronique B.

  • 3 % de la population mondiale souffre d’hépatite chronique C. Chaque année 3 à 4 millions de personnes sont infectées. Cette maladie très fréquente représente 20 % des hépatites aigües et 70 % des hépatites chroniques. Si l’hépatite C chronique est la principale cause de cirrhose et de cancer primitif du foie (carcinome hépato-cellulaire), son évolution est silencieuse, c’est pourquoi le nombre de porteurs est particulièrement élevé. En France plus de 70 000 personnes sont atteintes du virus de l’hépatite C (VHC) sans le savoir. La transmission du virus se fait sous 15 à 45 jours.
  • 1 personne sur 3 dans le monde a déjà été en contact avec le virus de l’hépatite B (VHB). Il s’agit de la maladie la plus présente et mortelle sur terre. Cette maladie sexuellement transmissible tue 2 millions de personnes par an. L’hépatite B chronique est la 2ème cause de cancer après le tabac. En France plus de 140 000 personnes ignorent qu’elles sont porteuses du VHB. Le délai d’incubation est de 50 à 100 jours. Sa propagation est très rapide, du fait de sa contagion 10 fois plus importante que le VHC et 100 fois plus que celle du Sida.
  • S’agissant du virus de l’hépatite D (VHD), il n’apparait que chez les individus ayant déjà été infectés par le VHB. Soit les 2 virus coexistent soit le VHD surinfecte une hépatite B chronique.

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De quels types sont les virus de l’hépatite B et C ?

Le virus de l’hépatite B est à ADN (acide désoxyribonucléique) double brin et comporte 8 génotypes (A à H). Le délai d’incubation est de 50 à 100 jours.

Le virus de l’hépatite C est à ARN (Acide Ribonucléique) simple brin comme ceux de l’hépatite A ou E et comporte 6 génotypes (1 à 6). Le délai moyen entre la contamination et l’apparition de symptômes est de 6 à 7 semaines et l’apparition d’anticorps 6 à 8 semaines. L’infection est à 90 % asymptomatique.

 

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Quels sont en France les risques des virus A et E de contamination oro-fécale ?

Les hépatites A et E se transmettent par voie fécale-orale, soit de personne à personne, soit par des aliments ou de l’eau contaminée. Elle peut être aussi la conséquence de rapport oraux ou anaux.

Le virus de l’hépatite A est présent dans le monde entier mais les niveaux d’incidence et de prévalence sont liés au niveau de développement économique des régions. Schématiquement, plus les conditions socio-économiques sont mauvaises, plus le taux de personnes ayant rencontré le virus est grand (jusqu’à 100 % dans certaines zones d’Afrique) et plus la contamination se fait tôt dans l’enfance.

En France, en 1970, 50 % des personnes âgées d’au moins 20 ans avaient rencontré le virus. Elles ne sont plus que 10 à 20 % aujourd’hui grâce à l’amélioration des conditions d’hygiène ; d’où un risque important d’infection lors de voyages en pays de forte prévalence.

L’hépatite E n’est pas limitée aux pays les plus pauvres du tiers monde. Elle se rencontre aussi dans les pays développés

Les hépatites A ou E ne se chronicisent pas ce qui en diminue d’autant la gravité.

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Qui est le plus susceptible d’être infecté par l’hépatite B ou C ?

Selon l’étude Labohep parmi les personnes diagnostiquées :

  • Ce sont les hommes entre 40 et 49 ans qui sont les plus à risque d’être porteurs du virus de l’hépatite C.
  • Ce sont les hommes de 30 à 39 ans chez qui l’on retrouve le plus de cas d’infection par le virus B.
  • Les femmes sont plus fréquemment touchées entre 1 et 19 ans puis après 50 ans par le VHC (Virus de l’Hépatite C),
  • Les femmes entre 20 et 29 ans, puis à partir de 60 ans par le VHB (Virus de l’Hépatite B).

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Quelle est la place de la sérologie et de la biopsie hépatique dans le diagnostic d’une hépatite ?

La sérologie permet de détecter et de spécifier le type de virus infectant. Elle peut être effectuée sur prescription par un laboratoire d’analyses biologiques ou dans un centre de dépistage anonyme et gratuit (CDAG) du sida.

La biopsie se pratique uniquement en cas d’hépatite chronique afin de déterminer l’importance de la fibrose du tissus hépatique et permet de définir si un traitement est utile et nécessaire.

 

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Comment aborder le sujet de l’alcool ?

Il est recommandé d’aborder le sujet de l’alcool en utilisant la technique de l’intervention brève reconnue par les autorités sanitaires internationales et nationales de nombreux pays et ayant un niveau de preuve important. Le principe de l’intervention brève est celui d’un soin minimal dispensé individuellement dans une optique motivationnelle comme de poser une question simple : « Pour votre santé comment savez-vous que vous ne prenez pas de risque avec votre consommation d’alcool ? ». L’objectif n’est pas de proposer une prise en soin.

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En quoi une information sur les risques inhérents à une contamination à un virus de l’hépatite est-elle importante ?

Les hépatites B et C sont potentiellement des infections chroniques. Cette chronicisation favorise la survenue de fibrose hépatique, de cirrhose et de cancer hépatique.

En France, on estime qu’environ 300 000 personnes seraient des porteurs chroniques du virus de l’hépatite B (VHB), dont 9 % seraient également co-infectées par le VIH.

400 000 personnes seraient séropositives au virus de l’hépatite C et 65 % souffriraient d’une infection chronique. Ces infections réduisent l'espérance de vie des malades atteints de formes chroniques lorsqu'elles sont associées à une consommation excessive d'alcool et/ou à l'infection par le VIH .

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Quelles sont les obligations en cas de survenue d’une hépatite virale B ou C ?

Ces infections lorsqu’elles sont symptomatiques doivent bénéficier d’une déclaration obligatoire auprès de l'Agence régionale de santé. Ce dispositif de surveillance, garantissant l'anonymat des personnes, repose sur la transmission de données par les :

  • médecins et biologistes, libéraux et hospitaliers,
  • médecins inspecteurs de santé publique (MISP) et leurs collaborateurs des Directions départementales des affaires sanitaires et sociales (DDASS)
  • épidémiologistes de l'Institut de veille sanitaire (InVS).

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Comment éviter la prise de risque de contamination lors d’un rapport sexuel ?

  • Tout rapport sexuel peut entraîner une contamination potentielle.
  • En cas de suspicion le dépistage est la meilleure des réponses.
  • S’assurer que les personnes sont à jour de leur vaccination.
  • Affirmer que le rapport protégé est la meilleure garantie, et cela, quel que soit le type de rapport.

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Pourquoi faut-il favoriser l’utilisation de kit d’injection ?

La transmission par un matériel d’injection souillé est une des causes majeures de contamination.

Favoriser l’utilisation d’un matériel stérile et à usage unique est une mesure efficace de réduction des risques, d’autant plus que l’aiguille et la seringue sont associées à un filtre, une compresse alcoolisée, et une ampoule d’eau pour la préparation injectable (Kit d’injection).

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Quand parler de l’importance de la vaccination contre l’hépatite A ou B ?

La vérification du statut vaccinal d’une personne souhaitant voyager dans un pays à forte endémie est essentielle.

La sensibilisation à l’importance d’une vaccination de toute personne potentiellement à risque de contamination, et plus particulièrement les adolescents, apparaît utile.

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Que faut-il savoir sur le traitement des hépatites ?

Aucun traitement sauf dans certaines circonstances spécifiques, n’est recommandé lors d’une hépatite aiguë. L’objectif des traitements est d’éliminer le virus et ralentir l’évolution vers la cirrhose (transformation fibreuse du tissu hépatique).

La décision de traiter est en relation avec des critères biologiques (importance de la virémie, ALAT…) ou diagnostics (cirrhose…) spécifiques.

Le traitement de l’hépatite chronique virale n’est pas un traitement d’urgence. Il peut être débuté à la convenance de la personne et dure entre 6 mois et un an, et être expliqué et préparé en amont afin de favoriser l’adhésion du patient et les conditions favorisant sa réussite (si possible arrêt de la consommation d’alcool, du tabagisme…).

Grâce aux traitements actuels il est possible de guérir du virus de l’hépatite C dans environ 4 cas sur 5, en cas d’infection par le virus C de génotype 2 ou 3, et dans presque 1 cas sur 2, en cas d’infection par les génotypes 1, 4 ou 5.

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Quels sont les principaux traitements des hépatites B et C ?

Le traitement de première intention des hépatites B ou C est l’interféron alpha issue de la biotechnologie. Cette cytokine bénéficie d’une triple action :

  • antivirale,
  • antiprolifératrice,
  • immunomodulatrice.

Plusieurs anti-viraux spécifiques (nucléosidiques ou nucléotidiques) qui bloquent l’ADN polymérase du virus, sont indiqués dans le traitement des hépatites B en cas de contre-indication, d’inefficacité ou de mauvaise tolérance de l’interféron alpha ou en deuxième intention en association avec l’interféron.

Dans le cas du traitement de l’hépatite chronique C l’interféron alpha est associé à un seul nucléoside  inhibiteur de la synthèse d’ARN par voie orale.

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Quels sont les effets indésirables d’un traitement par interféron ?

L’interféron provoque fréquemment une sorte « d’état grippal » (fièvre, courbatures, mal de tête) qui peut survenir quelques heures après l’injection.

D’autres symptômes peuvent se manifester : fatigue, douleurs articulaires, perte de poids et/ou de cheveux, perturbation du sommeil et de l’appétit, sécheresse de la peau et problèmes dermatologiques, dérèglement de la thyroïde, troubles de l’humeur et/ou de la libido, dépression.

Les symptômes touchant l’humeur doivent être connus et expliqués à l’entourage.

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En quoi consiste la méthode de pégylation ?

La pégylation est un procédé chimique qui consiste à fixer l'interféron sur du polyéthylèneglycol. En augmentant la durée d'élimination du produit, cette pégylation permet de diminuer la fréquence des injections (1 injection par semaine) et d'augmenter sensiblement l'efficacité du traitement. Les effets indésirables entre la forme classique et la pégylée sont identiques.  

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Quels sont les effets indésirables des traitements associés à l’interféron ?

Le traitement associé peut provoquer une anémie dont les conséquences sont un essoufflement, une accélération des battements du cœur, un teint pâle et une fatigue persistante. Ces effets peuvent perdurer trois à six mois après la fin du traitement.

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Quel est le traitement de première intention dans le traitement d’une hépatite chronique C ?

Après avoir vacciné le patient contre l’hépatite A et B, favoriser l’abstinence de la consommation d’alcool, et le tabagisme… et la prise en charge d’un excès de poids.

Le traitement de première intention est l’association entre Peginterféron alfa (Interféron et pégyle) et un analogue nucléosidique (efficace uniquement en association). Ce dernier potentialisant l’effet de l’interféron.

Le traitement oral est biquotidien et l’injection est hebdomadaire.

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Que dire en cas de désir d’enfant après un traitement d’une hépatite chronique C ?

Si la grossesse est déconseillée pendant le traitement, elle est envisageable quatre mois après l’arrêt du traitement pour la femme. Chez l’homme, un délai de sept mois doit être respecté après la fin du traitement avant de procréer.

Une contraception adaptée sera dès lors prescrite le reste du temps.

 

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