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La question du mois

Les pathologies ORL

02/05/2016

Quelles sont les particularités de la sphère ORL ?

La sphère ORL est constituée de cavités interconnectées, ce qui la rend d’autant plus sensible aux transferts des infections.

Les muqueuses qui la tapissent sont en contact direct avec l’air ambiant et donc susceptibles d’en subir les agressions (traumatisme, chaud, froid, allergènes, virus, bactéries, agents chimiques…).

Les moyens de défense contre les agressions sont multiples : physique par le mouvement des cils et la filtration par les poils du nez, l’inflammation, la sécrétion du mucus…

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Quel est le processus d’une pathologie hivernale ?

La muqueuse réagit à une agression, comme dans le cas du rhume des foins, en activant le processus inflammatoire dont la phase vasodilatatrice favorise la survenue d’un écoulement (rhinorrhée) et œdème (nez bouché).

En cas d’infection, le processus immunitaire se renforce ce qui a pour conséquence d’accentuer l’inflammation et de favoriser la sécrétion de mucus qui s’enrichit des cellules immunitaires mortes (mouchage brun).

L’étape bronchique de l’infection est moins fréquente car le système immunitaire agit semble-t-il plus rapidement pour des raisons de différence de température (34° pour le nez - 37° pour les bronches).

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Pourquoi faut-il respecter une élévation de température ?

L’élévation de la température corporelle est de plus en plus considérée comme le moyen efficace de lutte contre les infections virales, comme les cellules immunitaires le sont pour les infections bactériennes.

L’utilisation d’un antipyrétique se justifie en cas d’inconfort ou de risque.

Par contre une hydratation régulière et supérieure à la normale est dans tous les cas indispensable.

La fièvre est considérée comme :

  • un moyen de défense
  • un facteur de risque, ou
  • un indicateur de l’état de santé.

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Comment expliquer la fréquence des otites chez le jeune enfant ?

L’immaturité de la trompe d’Eustache est une explication plausible de la survenue fréquente d’otites chez le jeune enfant.

Celle-ci est bien plus qu’un simple conduit. Son action de régulation de la pression dans l’oreille moyenne et de valve anti-reflux des sécrétions de la bouche vers l’oreille est majeure pour protéger l’oreille moyenne.

De plus, son activité peut être altérée lors du gonflement des amygdales ou la prolifération des végétations fréquentes dans la jeune enfance.

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Quelle est la relation entre polypes, asthme et AINS ?

Aujourd’hui le lien de causalité entre asthme et polypes nasaux est remis en cause. Il est donc particulièrement important de suspecter cette intolérance devant tout nez bouché, et bien évidemment de déconseiller par précaution la prise d’un AINS, comme c’est déjà le cas pour l’asthme car les AINS sont potentiellement déclencheurs de crises.

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Pourquoi un nez bouché pour une seule narine est potentiellement plus dangereux que celui qui touche les deux narines en même temps ?

Une polypose de cause inflammatoire touche les deux narines en même temps puisque la raison en est systémique. Alors que le développement d’un polype dans une seule narine peut être tumoral.

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Quelle est la différence entre ronflement et apnée du sommeil ?

L’un et l’autre sont la conséquence d’un affaissement de la paroi du pharynx.

L’affaissement est plus important jusqu’à empêcher le passage de l’air dans le cas de l’apnée du sommeil.

Ce n’est pas le ronflement qui est dangereux en lui-même, ce sont les pauses respiratoires et le temps de ces pauses.

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Quelle est l’importance des mesures d’hygiène pour éviter la propagation des virus des pathologies ORL ?

Le Centers for Disease Control and Prevention aux États-Unis précise que « La majorité des études ont montré que le virus de l’influenza peut survivre et possiblement infecter une personne pendant 2 à 8 heures seulement après s’être déposé sur une surface ». D’autres estimations indiquent une durée de vie pouvant atteindre 24 et 48 heures. Il est donc essentiel de rappeler à vos clients qu’il faut se laver les mains, utiliser des mouchoirs jetables et n’en faire qu’une seule utilisation, éviter d’éternuer ou de tousser vers une personne et de nettoyer si possible toutes surfaces potentiellement souillées.

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Quel est le risque des vasoconstricteurs ?*

Les vasoconstricteurs contenus dans certains médicaments conseils ont des contre-indications et des précautions d’emploi souvent négligées par les clients de l’officine.

Ce qui explique que l’ANSM ne les a pas retenus dans la liste des médicaments en accès libre ; ils doivent être stockés derrière le comptoir et leur délivrance s’accompagne donc obligatoirement du conseil et du contrôle du pharmacien.

Bien évidemment, l’existence d’une hypertension non contrôlée ou contrôlée ou d’un autre risque cardiovasculaire ou neurologique (AVC) est l’une des contre-indications. Dans tous les cas, il est prudent de ne pas les conseiller à des personnes potentiellement fragiles (personnes âgées et/ou souffrant d’une pathologie chronique) et bien évidemment de les déconseiller formellement à une femme enceinte.

Il est aussi nécessaire de détecter un usage répétitif (demande de plusieurs boîtes ou de renouvellement), et plus encore de découvrir une utilisation conjointe d’une forme orale et nasale, qu’il faudra alors formellement déconseiller.

L’enjeu de l’acte officinal est d’expliquer à son client le rapport bénéfice-risque de ce traitement. D’un côté un inconfort le plus souvent passager, de l’autre un risque, certes faible mais non nul, pour des personnes fragiles.

* Les contre-indications et précautions d’emplois exposées ici n’ont pas vocation à être exhaustives, reporter aux RCP des différents médicaments pour plus d’informations

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Quel est le risque des antihistaminiques ?*

Le risque de somnolence est une réalité pour les antihistaminiques de première génération contenus dans certains médicaments conseils luttant contre les symptômes du rhume, d’autant plus s’ils sont associés par le patient à des AINS.

Le risque de glaucome se limite à l’un des glaucomes les plus rares : celui à fermeture de l’angle. Il est préférable de déconseiller l’emploi d’antihistaminique à des personnes qui souffrent d’un œil rouge et douloureux.

Le risque de majoration des effets d’un adénome de la prostate limite d’autant l’utilisation de ces antihistaminiques par des personnes de plus de 60 ans ou de toute personne traitée pour cette pathologie.

* Les contre-indications et précautions d’emplois exposées ici n’ont pas vocation à être exhaustives, reporter aux RCP des différents médicaments pour plus d’informations

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Quel est le risque d’une angine bactérienne ?

Les tests cliniques permettant de définir le risque bactérien d’une angine sont multiples.

Le test de Mac Isaac (aussi appelé TDR Test de Dépistage Rapide) est le plus fréquemment utilisé. Il définit en cinq questions et un score le potentiel bactérien d’une angine. Parmi les critères utilisables au comptoir on peut citer :

  • l’âge (au-dessus de 45 ans la probabilité de souffrir d’une angine bactérienne est très faible) ;
  • la toux (la présence d’une toux est un facteur défavorable à une infection bactérienne dans le cadre d’une symptomatologie d’une angine) ;
  • la température (en dessous de 38,5° la probabilité d’une infection bactérienne est très faible).

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Comment suspecter une otite ?

La douleur est le symptôme le plus fréquent, qu’il soit associé ou non avec de la fièvre.

Chez le jeune enfant, il est utile de rechercher le réflexe de se toucher l’oreille ou de vouloir l’obstruer.

Dans tous les cas la survenue d’une température supérieure à 38,5° doit entraîner la consultation dans les meilleurs délais pour une personne fragile (enfant, femme enceinte, personne âgée (> 60 ans en cas de pathologie chronique…)) et si elle s’est installée plus de deux jours chez une personne en bonne santé.

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Quel est le risque de fausse route ?

Les personnes âgées sont fréquemment confrontées à des risques de fausse route et subissent des problèmes de déglutition.

S’intéresser à cette problématique en posant simplement la question de la difficulté à avaler les comprimés ou en détectant lors de la conversation des épisodes d’étouffements ou de toux provoqués par la nourriture ou la prise de médicament est particulièrement utile.

Il est aussi particulièrement utile de détecter des pratiques de broyage des médicaments et d’en définir la faisabilité avec le patient.

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Comment favoriser le bon usage du sérum physiologique ou de l’eau de mer ?

La muqueuse nasale doit être considérée comme fragile et traitée avec douceur afin de ne pas provoquer d’inflammation.

La force des jets doit être adaptée à l’âge et à la fragilité du patient.

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Qu’en est-il des traitements auriculaires ?

Avant de proposer un traitement local, il est essentiel de vérifier l’intégrité du tympan. Ce qui est très rarement possible au comptoir sauf après une consultation.

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Que faire face à une affection ORL virale ?

Les conseils :

  • de repos,
  • de maintien au chaud,
  • de prise de boissons chaudes,
  • d’une bonne hydratation,
sont toujours utiles.

La prise d’antipyrétique doit être réservée aux personnes qui supportent mal la fièvre.

L’utilisation de pastilles à sucer en cas de pharyngite ou d’angine virale permet un soulagement par lubrification par la salive des muqueuses. L’utilisation de produits alcoolisés (collutoire …) est plutôt à déconseiller afin de ne pas réactiver le processus inflammatoire.

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Qu’en est-il de l’utilisation des anesthésiques locaux ?

La présence d’un anesthésique local dans les pastilles peut apporter un soulagement, mais doit être déconseillé à toute personne ayant des problèmes de déglutition ou aux femmes enceintes. Dans tous les cas leur usage avant un repas est à déconseiller.

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Qu’en est-il de l’utilisation des gouttes ou sprays nasaux ?

Le choix des médicaments locaux dépend des symptômes à traiter.

La majorité des sprays nasaux sans prescription est destinée au traitement des allergies même lorsqu’il s’agit d’un corticoïde.

Les traitements par voie nasale du rhume se cantonnent donc aux antiseptiques locaux, qui seront d’autant plus efficaces après un mouchage, un lavage à l’eau de mer ou au sérum physiologique et une répartition du médicament par un léger massage.

Dans le cas des médicaments présentés sous flacon plastique, il est nécessaire de maintenir la pression tant que l’embout de l’appareil n’est pas à l’air libre afin de ne pas polluer le médicament par l’air vicié des fosses nasales.

Tous les sprays ou flacons sont bien évidemment destinés à une seule personne.

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